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Sorties > Dolce Via, Via Fluvia, Triangle d'Or, J2 (35% gravel)

Sortie gravel
Dolce Via, Via Fluvia, Triangle d'Or, J2, mercredi 20 mai 2026 ⭐


Pays : France
Departements : Haute-Loire, Loire

Longueur : 125 km
Denivelé : 1271 m

Type : 35% Gravel

Durée de déplacement : 07:35:18
Vitesse moyenne : 16.5 km/h

Puissance normalisée estimée : 86 Watts
Energie dépensée estimée : 1927 Cal

Sortie du mercredi 20 mai 2026

David

Compte rendu

Froid, 5C le matin. Humide.

Conditions

De Saint-Martin-de-Valamas au Rhône par Saint-Agrève, le col du Tracol et la Via Fluvia

Après une première journée assez longue, la nuit au camping de Saint-Martin-de-Valamas aurait pu être réparatrice. Elle l’a été en partie, mais le réveil a été rude. À 6 heures du matin, il faisait froid, environ 5°C, et il avait plu une bonne partie de la nuit. À 600 mètres d’altitude, la mi-mai garde encore un vrai goût de printemps montagnard. Une douche chaude a tout de même remis un peu de vie dans les jambes, et je suis reparti vers 7 heures.

La sortie de Saint-Martin-de-Valamas est plus exigeante que ce que j’imaginais. La Dolce Via, jusque-là très douce, se redresse nettement. La pente reste raisonnable, autour de 3 à 4 %, mais après la longue journée de la veille, elle se fait sentir. Je me suis demandé comment les anciens trains à vapeur arrivaient à grimper cette portion. La ligne était à voie métrique, et cette rampe devait déjà être une belle limite technique pour l’époque.

Cette section est en revanche superbe. On retrouve tout ce qui fait le charme des anciennes voies ferrées transformées en itinéraires cyclables : tunnels, viaducs, passages encaissés et vues sur les vallées. Certains ouvrages sont impressionnants, notamment le Pont du Maudit, marqué par un accident dramatique lors de sa construction. Une erreur lors de la mise en place de la clé de voûte aurait provoqué l’effondrement du pont, tuant neuf ouvriers. La cause exacte n’a jamais été complètement établie, même si l’ingénieur en chef avait évoqué un problème d’échafaudage. Le chantier avait ensuite pris beaucoup de retard, le temps de trouver un nouveau constructeur.

Pour ceux qui voyagent en mode plus rustique, quelques anciens bâtiments ferroviaires pourraient éventuellement servir d’abri pour un bivouac discret. Rien d’officiel, évidemment, mais on sent que cette ancienne ligne garde encore des traces de son passé.

J’arrive ensuite à Saint-Agrève, où je m’arrête pour le petit déjeuner. C’est aussi le départ du Velay Express, le train touristique historique qui relie Saint-Agrève à Raucoules. Quand il circule, il est possible d’y embarquer son vélo, ce qui permet de relier plus facilement la Dolce Via à la Via Fluvia. Mais ce jour-là, j’avais prévu de tout faire à vélo.

La suite traverse le plateau ardéchois. Il fait encore froid, avec un vent de nord-ouest bien présent, mais le soleil finit par sortir. L’itinéraire monte vers 1 200 mètres d’altitude, dans un paysage beaucoup plus ouvert, plus rude aussi. On n’est plus dans la vallée abritée de l’Eyrieux : ici, le relief, le vent et la météo se font davantage sentir. On passe non loin de petites stations de ski, actives l’hiver quand l’enneigement le permet.

Le parcours passe ensuite par le lac de Devesset. Situé à plus de 1 000 mètres d’altitude, c’est un bon endroit pour faire une pause si l’on a le temps. Le lac est aménagé pour les loisirs, avec une base nautique, des sentiers, un camping et des possibilités de restauration en saison. En plein été, l’endroit doit être très agréable. En ce matin de mai encore frais, il avait plutôt une ambiance de plateau, calme et un peu austère.

Je poursuis ensuite vers Raucoules et Montfaucon. C’est ici que l’on retrouve l’autre extrémité du Velay Express et que commence la Via Fluvia. Je m’attendais à une descente assez facile vers la vallée du Rhône, un peu comme une Dolce Via inversée. En réalité, la Via Fluvia s’est révélée beaucoup plus exigeante.

Après une montée assez douce d’environ quatre kilomètres jusqu’à Montfaucon, la route descend rapidement vers Dunières. Puis vient une longue remontée, près de 25 kilomètres, en direction du col du Tracol, à 1 023 mètres d’altitude. C’est là que la journée change de ton. La Via Fluvia est belle, mais elle n’a pas encore la continuité et la facilité de la Dolce Via.

Le passage du Tracol en est le meilleur exemple. L’ancien tunnel ferroviaire, long d’environ 2,4 km, est fermé. Il faut donc passer par la route, sur une section moyennement fréquentée mais pas toujours très agréable à vélo. Ce n’est pas dangereux si l’on reste attentif, mais ce n’est pas non plus une voie verte tranquille. Le col marque aussi une ligne de partage des eaux entre le bassin de la Loire et celui du Rhône, ce qui donne une dimension géographique intéressante à ce passage.

Une fois le Tracol franchi, on récupère la Via Fluvia de l’autre côté et la descente vers Annonay devient plus agréable. La température monte enfin. Après des heures passées avec les couches chaudes, je peux enlever le haut manches longues en mérinos. Le contraste avec le départ glacial du matin est assez frappant.

L’arrivée à Annonay est moins reposante. La ville est animée, dense, et la traversée demande un peu d’attention. J’ai choisi de rejoindre l’ancienne voie ferrée de l’autre côté de la ville plutôt que de suivre l’itinéraire officiel de la Via Fluvia, qui emprunte une route départementale le long de la Cance. Au début, ce choix semblait bon. Le tracé était agréable, plus calme, et l’idée de continuer sur l’ancienne plateforme ferroviaire était séduisante.

Mais la piste s’est arrêtée brutalement près du lac du Vert. Sans indication claire et ne sachant pas exactement où poursuivre, j’ai préféré faire demi-tour jusqu’à Midon, puis prendre une petite route secondaire vers Thorrenc. C’est dans ce secteur que j’ai crevé. Rien de grave : un changement rapide de chambre à air, et je pouvais repartir.

La fin du parcours permet de redescendre vers la vallée du Rhône et de rejoindre la ViaRhôna à Andance. Après les plateaux, les cols, les routes et les détours, retrouver la grande véloroute du Rhône donne presque l’impression de rentrer à la maison. Il ne reste plus qu’à remonter jusqu’à Saint-Rambert-d’Albon pour prendre le train du retour.

Cette deuxième journée est nettement plus exigeante que la première. La montée vers Saint-Agrève, le plateau ardéchois, le long passage vers le col du Tracol et les sections incomplètes de la Via Fluvia demandent plus d’énergie et plus d’attention. La Dolce Via est douce, régulière et évidente. La Via Fluvia, elle, garde un côté plus aventureux. Certaines portions sont superbes, mais l’itinéraire reste moins abouti, notamment autour du Tracol et d’Annonay.

C’est aussi ce qui fait l’intérêt de cette journée. On passe d’une ancienne voie ferrée très bien aménagée à un itinéraire plus fragmenté, plus sauvage, parfois moins lisible. Il faut accepter les changements de rythme, les routes partagées, les détours et les petites surprises. Avec la météo froide du matin, le vent sur le plateau, la chaleur en descendant vers Annonay et la crevaison finale, cette étape avait un vrai goût de voyage à vélo.

et la video... https://youtu.be/DNMtkkq-0Y0?si=IIxYH4hxJq8fMEpA

Cols associés : Le Tracol


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