Departement : Isère
Longueur : 54 km
Denivelé : 1232 m
Type : 10% Gravel
Durée de déplacement : 03:17:11
Vitesse moyenne : 16.3 km/h
Puissance normalisée : 161 Watts
Energie dépensée : 1395 Cal
Sortie du samedi 29 août 2026
Compte rendu
Je devais passer à Grenoble tôt ce matin, alors l’occasion était parfaite pour aller découvrir le versant nord du col de la Charmette, une montée assez confidentielle cachée sur le versant occidental du massif de la Chartreuse.
Je me suis garé à Saint-Égrève avant de suivre la piste cyclable qui longe l’Isère jusqu’à Voreppe. Avec les pluies récentes, la rivière avait pris une couleur gris peu engageante. Pas vraiment de quoi donner envie de participer à la grande baignade prévue par la nouvelle maire de Grenoble, Laurence Ruffin. Finalement, la ville semble avoir partagé certaines de mes réserves puisque la baignade, initialement prévue le 30 août, a depuis été reportée après des analyses microbiologiques dépassant les valeurs recommandées.
À la sortie de Voreppe, la route monte régulièrement en direction du col de la Placette. Il y a pas mal de circulation, mais heureusement une bonne partie de la montée dispose d'une bande ou d'une piste cyclable. Une fois le col franchi, l'ambiance change complètement avec une longue descente rapide vers Saint-Joseph-de-Rivière. Je n'ai d'ailleurs été dépassé par aucun véhicule jusqu'au carrefour avec la Route des Gorges.
Cette dernière était en revanche étonnamment chargée, et cela avant même neuf heures du matin, avec ce qui ressemblait déjà au début du grand chassé-croisé de la fin août. J'étais donc ravi de pouvoir rapidement m'en échapper pour rejoindre la Via Chartreuse.
La Via Chartreuse est une voie verte relativement récente qui traverse la vallée au pied du massif. Elle s'étend aujourd'hui sur environ 17 kilomètres entre Saint-Joseph-de-Rivière et Saint-Christophe-la-Grotte, en passant notamment par Villette, Saint-Laurent-du-Pont, Entre-Deux-Guiers et Les Échelles.
Une bonne partie du parcours emprunte des chemins du gravier compacté plutôt que du goudron. La portion que j'ai suivie longe le canal de l'Herretang, à proximité de la zone humide protégée du même nom, et permet de rejoindre Saint-Laurent-du-Pont dans un cadre très agréable et entièrement à l'écart des voitures. Ce matin-là, l'avantage principal était surtout d'éviter de respirer les gaz d'échappement.
Saint-Laurent-du-Pont est normalement une petite bourgade agréable et animée, mais ce matin elle était complètement engorgée par la circulation du traditionnel week-end de rentrée. J'étais donc assez content de tourner le dos au trafic pour m'enfoncer véritablement dans la Chartreuse et attaquer le plat de résistance de la journée : le versant nord du col de la Charmette.
La montée commence pratiquement dès la sortie de la ville. Les profils disponibles donnent environ 11 kilomètres pour 850 mètres de dénivelé jusqu'au col, situé à 1 261 mètres d'altitude. Cela représente une pente moyenne proche de 8 %, même si ce chiffre masque d'importantes variations.
La première partie est probablement la plus spectaculaire. Une minuscule route s'élève dans la forêt à travers une succession de lacets, de passages taillés dans la roche et de tunnels en direction de l'ancienne Chartreuse de Currière. Il y a bien quelques nids-de-poule, mais à vélo le revêtement reste tout à fait correct.
Currière possède une histoire étonnamment longue. Le site appartient à l'histoire de l'ordre des Chartreux depuis le Moyen Âge et le monastère fut fondé en 1296. Après la Révolution française, les bâtiments connurent plusieurs usages, notamment comme école pour enfants sourds puis comme centre de vacances. La vie monastique y revint finalement dans les années 1970 lorsque le site fut confié à la Famille monastique de Bethléem. Il porte aujourd'hui le nom de monastère Notre-Dame du Buisson-Ardent et abrite toujours une communauté religieuse.
À partir de Currière, l'aventure commence vraiment.
La route pénètre bientôt dans un long tunnel. L'ancien revêtement en béton y est très dégradé et étonnamment glissant. Après une cinquantaine de mètres, j'ai décidé qu'il valait mieux faire preuve d'un peu de prudence plutôt que de finir par terre dans le noir, et j'ai donc terminé le tunnel à pied.
À la sortie, la chaussée reste assez mauvaise par endroits, mais elle demeure parfaitement praticable avec des pneus de 28 mm. Je n'aurais d'ailleurs pas été particulièrement inquiet avec des 25 mm.
C'est probablement ce qui rend ce versant de la Charmette aussi particulier. On n'a pas vraiment l'impression de gravir un col routier classique. Pendant de longues portions, on roule sur une ancienne route de montagne abandonnée, coincée entre la forêt, les falaises et les gorges du Guiers Mort.
Malgré sa réputation, toute cette partie intermédiaire n'est pas particulièrement raide et il est possible de trouver un rythme assez confortable. Mes données de fréquence cardiaque confirment d'ailleurs cette impression. Sur l'ensemble des 3 h 22 de sortie, ma fréquence cardiaque moyenne n'a été que de 133 bpm. J'ai passé 56 % du temps sous LT1 et encore 34 % entre LT1 et LT2.
Le dernier kilomètre, en revanche, est une autre histoire.
La route se cabre brutalement, avec plusieurs passages affichés autour de 13 % sur mon GPS, et maintenir l'effort sous contrôle devient alors beaucoup plus théorique. Heureusement, le revêtement des derniers kilomètres redevient excellent.
Malgré cela, l'effort global est resté relativement bien maîtrisé. Je n'ai passé que 16 minutes 30 au-dessus de LT2, soit environ 9 % du temps de roulage. Le plus long bloc de montée soutenue a duré 43 minutes avec une moyenne d'environ 156 bpm. L'effort devenait donc sérieux à l'approche du sommet, sans pour autant transformer la montée en test au seuil.
Le col de la Charmette lui-même m'a réservé une petite surprise. Après la solitude presque complète du versant nord, le sommet était animé, avec de nombreux randonneurs et pas mal de voitures arrivant par le versant de Saint-Égrève.
Il fallait donc rester assez vigilant dans la descente. Il y avait beaucoup plus de circulation montante que je ne l'avais imaginé, ce qui laissait parfois assez peu de place sur cette route étroite. Plusieurs virages étaient également recouverts de gravillons.
Une fois revenu plus bas, tout est redevenu beaucoup plus calme et je me suis laissé glisser progressivement vers l'Isère puis Saint-Égrève.
L'entraînement commence peut-être à porter ses fruits. Après 3 h 22 sur un parcours assez vallonné, dont les 850 mètres de dénivelé de la montée de la Charmette, je suis revenu à la voiture sans vraiment ressentir de fatigue.
Les chiffres permettent probablement de comprendre pourquoi. Malgré quelques passages raides, j'avais passé plus de 90 % de la sortie sous LT2.
Pour une boucle comprenant un véritable col alpin, cela en faisait finalement une excellente sortie d'endurance, plutôt qu'une journée passée à se mettre dans le rouge au fin fond de la Chartreuse.
Conditions
Environ 15 °C de moyenne sur la sortie, avec 12 °C au col.
Cols associés : Col de la Charmette Col de la Placette
Routes associées :
- Col de la Placette, depuis Voreppe • 5.3km • 334mGPX00:30:27
- Col de la Charmette, depuis Saint-Laurent-du-Pont • 9.9km • 823mGPX01:19:57
- Col de la Charmette, depuis Le Gua • 6.2km • 587mGPX↩︎ 00:12:09
- Le Gua, depuis Saint-Egrève • 5.2km • 397mGPX↩︎ 00:09:02

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